Après sa réouverture en 2024, la cathédrale s'apprête à connaître une nouvelle étape : la restauration de sa façade occidentale. Retour sur son histoire et ses métamorphoses à travers les siècles.
Une histoire liée à celle de Paris
Dès le IVe siècle, Paris s'affirme comme capitale chrétienne du royaume franc. Mais c'est au XIIe siècle, porté par l'essor intellectuel et commercial de la ville, que l'évêque Maurice de Sully lance la construction d'une grande cathédrale sur l'île de la Cité, carrefour incontournable des pèlerins en route vers Compostelle ou Jérusalem.
La cathédrale s'impose vite comme un symbole du royaume. Au XIIIe siècle, Saint Louis y fait porter en procession les reliques de la Passion du Christ, consacrant Notre-Dame comme un lieu spirituel majeur.
Pourtant, son destin ne sera pas un long fleuve tranquille. Délaissé à la Renaissance et remanié en profondeur au XVIIIe siècle, l'édifice connaîtra ensuite plusieurs grandes étapes de restauration qui le façonneront tel qu'on le connaît aujourd'hui.
Un chantier sans fin
Dès le XVIIe siècle, Notre-Dame connaît ses premières grandes transformations. Le vœu de Louis XIII lui offre un nouveau maître-autel, puis d'importants aménagements modifient son architecture au XVIIIe siècle.
Sa première grande restauration a lieu au XIXe siècle. Fragilisée par la Révolution, la cathédrale menace de s'effondrer. Mais le succès du roman de Victor Hugo suscite une prise de conscience autour du patrimoine et l'État confie les travaux à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. Il redessine la charpente, le mobilier, les vitraux et se représente même en saint Thomas parmi les statues des douze apôtres qui entourent sa célèbre flèche.
Un siècle et demi plus tard, tout bascule avec l’incendie du 15 avril 2019. La flèche s’effondre, mais les tours et les grandes voûtes, elles, tiennent bon. S'engage alors un immense chantier pour sécuriser l’édifice, reconstruire à l'identique la charpente en chêne, surnommée « la forêt », ainsi que la flèche. Artisans et mécènes du monde entier se mobilisent et cinq ans plus tard, la cathédrale rouvre enfin ses portes au public.
Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là. Dès 2025, d'autres travaux reprennent, pour traiter cette fois des dégradations bien plus anciennes que l’incendie : le chevet, puis la sacristie. En juillet 2026, une nouvelle annonce est faite : celle de la grande rose occidentale, ce vitrail médiéval qui n'avait plus fait l'objet d'une intervention depuis le XIXe siècle.
Un héritage à préserver
La rose occidentale prend forme autour de 1230, alors que la façade qui l'accueille touche à sa fin en 1245. Contrairement aux roses nord et sud, tournées vers la Vierge et les figures bibliques, celle-ci raconte le combat des vices et des vertus, le zodiaque et les travaux des mois. Une fresque du temps qui passe et de la condition humaine, gravée dans le verre.
Mais le temps n'épargne pas ce chef-d’œuvre. Dès le XVIe siècle, une première intervention est réalisée. Deux siècles plus tard, des maîtres verriers en refont une partie en s'efforçant de rester fidèles au style d'origine.
La rose demeure un témoin rare de l'art gothique médiéval. Ancrée dans près de huit siècles d'histoire, elle a traversé les époques grâce à une attention constante portée à sa conservation. Un héritage précieux mais fragile, comme l'a rappelé l'épisode de grêle de 2025.
Cette vulnérabilité a bien été prise en compte et des travaux ont été programmés, visant à réparer les dégâts récents et à traiter les dégradations qui perdurent depuis ses débuts. Ces derniers devraient débuter en 2027 et s'étaler sur deux ans, avec l'installation d'une verrière de protection contre les futures intempéries. Un nouveau chapitre s'écrit ainsi pour la rose occidentale, qui devrait retrouver tout son éclat d'ici la fin de la décennie.